Passer du gaz à l’électrique, beaucoup y pensent (surtout quand la chaudière rend l’âme ou que les factures grimpent). Avant de vous lancer, une question s’impose : combien faut-il prévoir ? La réponse dépend surtout de la solution choisie et de l’état de votre logement, mais des fourchettes claires existent.
Combien ça coûte vraiment de passer du gaz à l’électrique ?
Le budget total comprend toujours deux volets : la dépose de l’ancien système et l’installation du nouveau.
La dépose de la chaudière à gaz représente entre 300 et 800 €, auxquels s’ajoutent 400 à 600 € pour retirer les radiateurs à eau si vous en avez plusieurs (comptez environ 7 radiateurs pour une maison standard). L’adaptation électrique du logement peut coûter entre 200 et 1 000 € selon l’état de votre tableau.
Côté installation, voici les grandes fourchettes selon l’équipement choisi :
- Radiateurs électriques à inertie (5 unités) : 2 500 à 6 500 €
- Chaudière électrique : 1 500 à 4 000 €
- Pompe à chaleur air/eau : 8 000 à 15 000 €
Pour un remplacement complet (dépose incluse), prévoyez 5 000 à 8 000 € pour une solution radiateurs électriques, et entre 10 000 et 18 000 € pour une pompe à chaleur. Un investissement plus lourd, mais une logique très différente à l’usage.
Radiateurs électriques ou pompe à chaleur : quelle solution choisir ?
Le choix dépend d’abord de votre logement et de vos priorités. Deux grandes pistes s’offrent à vous.
Les radiateurs électriques à inertie
Simple à poser, sans raccordement lourd, le radiateur électrique convient bien aux petits logements bien isolés ou aux espaces ciblés. Les modèles récents à inertie (sèche ou fluide) sont bien plus efficaces que les vieux convecteurs grille-pain : ils maintiennent une chaleur douce et régulent leur consommation. Certains embarquent des thermostats connectés, des détecteurs de présence ou de fenêtre ouverte : pratique pour éviter de chauffer dans le vide.
Attention : dans une grande maison mal isolée, les radiateurs électriques peuvent alourdir sérieusement la facture énergétique.
La pompe à chaleur air/eau
Plus coûteuse à l’achat, la PAC air/eau s’installe sur le réseau d’eau existant et remplace directement la chaudière. Elle produit entre 3 et 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé — ce qui la rend beaucoup plus économique à l’usage. C’est la solution privilégiée dans les maisons disposant déjà d’un circuit de chauffage central et c’est aussi celle qui bénéficie des aides les plus généreuses.
Les étapes pour réussir la transition
Le passage du gaz à l’électrique suit un ordre logique à respecter :
- Déposer la chaudière gaz et sécuriser l’alimentation en gaz
- Vérifier que le tableau électrique supporte la nouvelle installation
- Installer le nouvel équipement (radiateurs, chaudière électrique ou PAC)
- Raccorder l’appareil au circuit de chauffage existant si vous gardez les radiateurs à eau
- Mettre en service et paramétrer les réglages
Bonne nouvelle : dans la plupart des cas, les radiateurs à eau existants peuvent être conservés — surtout si vous optez pour une chaudière électrique ou une PAC. Pas besoin de tout refaire.
Quelles aides pour alléger la facture ?
Le niveau d’aide varie beaucoup selon l’équipement installé, et c’est un point qui change tout au moment de choisir.
Pour les radiateurs électriques à inertie, une prime énergie peut atteindre 110 € par radiateur installé. Une TVA à taux réduit de 10 % (au lieu de 20 %) s’applique aussi, à condition de passer par un professionnel pour la fourniture et la pose. En revanche, pas d’éligibilité à MaPrimeRénov’.
Pour la pompe à chaleur, la situation est bien plus favorable :
- MaPrimeRénov’ : subvention de l’État dont le montant dépend des revenus du foyer
- Certificats d’économies d’énergie (CEE) : primes versées par les fournisseurs d’énergie
- TVA à 5,5 % appliquée directement sur le devis
- Aides locales éventuelles selon la région
Ces aides cumulées peuvent réduire la facture de plusieurs milliers d’euros — ce qui rapproche sensiblement le coût d’une PAC de celui d’une chaudière électrique, avec un usage bien plus économique à la clé.







